Sens de la visite

Jérémie et Lisa THOMAS

Le podcast qui écoute et partage vos histoires de l'art, à travers des témoignages de passionné.es, néophytes ou expertes en art.

L'objectif du podcast est simple: vous rapprocher de l'art et des lieux qui l'exposent, en écoutant des voix très différentes (public du musée, artiste, commissaire d'expo, surveillant de salle, jardinier, faussaire, etc...) nous partager leur passion pour une oeuvre, un.e artiste, un musée, ou tout simplement nous raconter leur vie. Chacun.e son histoire de l'art.

Production du podcast: Jérémie et Lisa THOMAS

Logo: Jean-Charles Abrial + Jaquette: Thomas Hayman

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Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori, artiste aborigène devenue peintre à 80 ans
16-09-2022
Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori, artiste aborigène devenue peintre à 80 ans
Jusqu’au 6 novembre 2022, la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris expose les œuvres d’une des plus grandes artistes australiennes de ces 20 dernières années, Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori.  C’est la 1ère fois qu’une exposition personnelle lui est consacrée hors de son pays d’origine, et son histoire, en tant que femme, en tant qu’artiste, est unique.  L’histoire de Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori commence au début des années 20, sur une île au Nord de l’Australie, Bentick Island, habitée par un peuple aborigène, les Kaiadilt. Très isolés et attachés à leurs terres d'origine, ils sont l’une des dernières communautés à être entrés durablement en contact avec les colons européens. En 1948, un raz de marée dévastateur les contraint à quitter leur île. Pour survivre. Ils seront recueillis sur une île voisine, Mornington Island.  Arrachés à leur terre, ils perdent leurs repères et se retrouvent comme prisonniers sur cette île. A l'unisson de sa communauté, Sally Gabori vivra toute cette période entre désespoir et dénuement. C'est en 2005 que la vie de Sally Gabori va radicalement changer.  Alors qu'elle a dépassé les 80 ans, elle découvre la peinture dans le cadre d’un atelier. Pendant près de 10 ans, elle va représenter dans ses toiles, avec des couleurs vibrantes: la terre, le ciel, et la mer de son île natale, Bentick Island.  Très rapidement, elle acquiert une renommée nationale et internationale. Aujourd'hui, une trentaine de ses toiles sont accrochées, ici, à la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris. Pour vous faire ressentir la force de la peinture de Sally Gabori, nous avons rencontré Juliette Lecorne, la commissaire de cette exposition, Nicholas Evans, anthropologue, linguiste spécialiste de la communauté Kaiadilt, et Bruce Johnson Mc Lean, Conservateur spécialiste de l’art aborigène à la National Gallery of Australia. Ecoutez l'incroyable histoire de Sally Gabori.   Soutenez-nous !
Le rêve de Jean-Michel Othoniel
05-09-2022
Le rêve de Jean-Michel Othoniel
Nous sommes allés rencontrer l’un des artistes contemporains français les plus reconnus aujourd’hui, Jean-Michel Othoniel, à l’occasion de sa dernière exposition “Le rêve de l’eau” qui se tient en plein coeur du Palais idéal du Facteur Cheval.  Et c’est un événement, car c’est la première fois qu’un artiste est invité à investir avec ses oeuvres, ce fameux Palais.  Depuis 110 ans, ce lieu, unique en son genre, fascine le public autant qu’il inspire les artistes. 26 mètres de long pour 12 mètres de hauteur, des pierres, des coquillages, et de la chaux pour englober le tout. Et un message universel et humaniste.  Mais le plus fascinant, en regardant ce Palais, c’est de réaliser qu’il a été construit par un seul homme, Joseph Ferdinand Cheval, un facteur, fils de paysan, sans aucune connaissance en architecture ni en sculpture.  En 33 ans, de 1879 à 1912, il a bâti ce qui est aujourd’hui considéré comme un chef d’oeuvre de l’art brut.  Lors de ses longues tournées, son esprit rêveur vagabonde pendant que ses yeux se posent sur le courrier qu’il distribue: des cartes postales, des magazines illustrés de voyages, les calendriers de la poste, toutes ces images, de lieux, de voyages commencent à tourner et à se graver dans son esprit.  Jusqu’au jour où, lors d’une tournée, son pied bute sur une pierre qui manque de le faire tomber. Fasciné par sa forme, elle est pour lui, dans son esprit d’autodidacte bouillonnant d’imagination, le signe et l’élément déclencheur, d’une nouvelle vie.  Alors, dans son jardin, de ses propres mains, avec des pierres ramassées lors de ses tournées, il va construire un palais rempli de toutes ces images, la nuit, à la lumière des bougies, en continuant d’être facteur le jour. Même s’il était considéré comme un fou dans son village et aux alentours, le Facteur Cheval, lui, avait conscience qu’il était en train de réaliser une oeuvre qui le dépasserait. Et lui survivrait longtemps. Il avait raison. Près d’un siècle après sa mort, plus de 200000 personnes visitent aujourd’hui son Palais, et cette année, l’un des plus grands artistes contemporains français, Jean-Michel Othoniel lui rend hommage, en créant cette exposition qui parcourt les grottes, les niches et les alcôves de ce Palais. Pour célébrer ce lieu qu’il a lui-même très souvent visité, enfant, avec sa maman, il a décidé, au moyen de fontaines, de perles géantes et de vitraux flamboyants, de réaliser l’un des derniers rêves du Facteur Cheval: faire apparaître l’eau et la lumière dans son Palais. Soutenez-nous !
Hubert de Givenchy Collectionneur, Christie's Paris
04-06-2022
Hubert de Givenchy Collectionneur, Christie's Paris
Du 8 au 23 juin, l’antenne parisienne de Christie’s, la célèbre maison de vente aux enchères internationale, va vivre à l’heure d’Hubert de Givenchy et de sa collection.  Parce que le créateur de la marque GIVENCHY, figure majeure de la haute couture, possédait jusqu’à sa disparition en 2018 à l’âge de 91 ans, une incroyable collection d’oeuvres et d’objets d’art, qu’il a sélectionné avec goût et passion tout au long de sa vie, pour décorer les résidences qu’il habitait. Une exposition publique, 4 ventes physiques et 2 ventes en ligne vont se succéder pour offrir sur le marché l’ensemble de ces pièces, oeuvres d’art, mobilier, sculpture, peinture, qui ornaient ses 2 résidences les plus emblématiques: L’hôtel d’Orrouer, rue de Grenelle à Paris, et le Manoir du Jonchet, dans la Vallée de la Loire. En tout, 1229 lots, composés notamment de chefs d'œuvre du mobilier français et européen, des sculptures classiques et des peintures de maître ancien, moderne et contemporain (Picasso, Giacometti, Miro ou Lalanne, …) Cette vente exceptionnelle, pour nous en parler, nous sommes allés rencontrer Cécile Verdier, la Présidente de Christie’s Paris, qui nous a raconté l’histoire d’Hubert de Givenchy et de sa collection, et puis, on a eu le privilège, plutôt rare, de nous rendre dans les réserves de la Maison Christie’s pour rencontrer 2 spécialistes, en art moderne et en mobilier, pour nous présenter certaines pièces incontournables de la collection avec leur regard d’expert.  Après avoir entendu toutes ces histoires d’oeuvres, de collection et d’enchères, peut-être que votre curiosité vous poussera à vous intéresser un peu plus à certains lots de cette vente, et ensuite, ce sera votre émotion face à une oeuvre ou un objet, qui vous décidera, ou pas, à passer l’acte… d’enchérir. Soutenez-nous !
Le voyage de Mathieu Pernot
13-04-2022
Le voyage de Mathieu Pernot
Dans les années 2000, le photographe Mathieu Pernot reçoit en héritage, des mains de son père, un album de photos de famille. Celui de son grand père, parti vivre au Liban, à Beyrouth, entre 1925 et 1958. En 1926, ce grand père, photographe amateur, entame un périple touristique au Liban et en Syrie: Damas, Homs, Palmyre, Tripoli,... Il ramène des photos de tous ces sites patrimoniaux inestimables. Malheureusement, depuis 2011, et le déclenchement de la guerre en Syrie, cette région est tristement connue pour ces destructions et ces ruines. De villes, de monuments, de sites historiques. Mais c’est justement en voyant les images de ce conflit, que Mathieu Pernot se rapproche de l’album de photos de son grand-père et se reconnecte à son histoire familiale.  Il décide alors d’entamer un voyage initiatique et photographique. en plusieurs étapes. D’abord, à Beyrouth, à la recherche de l’appartement où son père a passé toute son enfance. Il va ensuite retourner sur les lieux que son grand père avait photographiés, il y a presqu'un siècle au Liban et en Syrie. Mais lui, va poursuivre le voyage jusqu’à Alep et Mossoul en Irak.  Et ramener à son tour des photos de ces territoires, aujourd’hui ravagés par la guerre et les explosions. Elles sont réunies jusqu’au 19 juin, à la Fondation Henri Cartier Bresson, dans le Marais à Paris. Pour une exposition intitulée “La ruine de sa demeure”.  C’est justement devant ses photos, que nous avons retrouvé Mathieu Pernot, avec une voix douce et des mots justes, il nous a fait revivre son voyage…   Soutenez-nous !